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Comment se construit notre personnalité ? L’ennéagramme et les messages de l’enfance

15 oct.
6 min de lecture

Pourquoi, face à la même difficulté, l’un se met en colère, l’autre se sacrifie, un troisième fuit dans l’action ? L’ennéagramme propose une réponse à la fois simple et profonde : nous avons tous intégré, très tôt, une idée de ce qu’il faut être pour être aimé et reconnu. Cet article s’appuie sur l’ouvrage de France De Bois-Centi, que j’ai étudié, et que je vous invite à découvrir.


Une image de soi, un masque

Selon cette approche, chacun de nous porte une image de lui-même à laquelle il s’identifie. Elle s’est construite par l’éducation, par notre propre expérience, et parce que nous avons décidé de donner de nous cette image. Elle est fragmentaire : c’est la personnalité de surface, un masque.

Il ne s’agit pas de blâmer qui que ce soit. Les parents transmettent ce qu’ils ont eux-mêmes reçu, avec amour et avec leurs propres cadres. Mais l’enfant, lui, retient une phrase simple : « Tu es bien si… ».


Neuf messages, neuf images de soi

Le livre décrit neuf conditionnements. Pour chacun : ce qui a été transmis, l’image dont la personne est fière, et le corollaire, c’est-à-dire le problème-clé qui en découle.

Type

Le message reçu : « Tu es bien si… »

Sa fierté

Son problème-clé (corollaire)

1 · Perfectionniste

tu es honnête, travailleur, soigné, ordonné

« Je suis droit et travailleur », « J’ai raison »

la colère quand on ne lui donne pas raison

2 · Altruiste

tu es aimable, toujours prêt à aider, jusqu’à te sacrifier

« J’aime et j’aide »

l’orgueil blessé quand son aide n’est pas demandée, refusée ou non reconnue

3 · Battant

tu es actif, compétent, tu réussis (souvent transmis à l’école)

« Je suis efficace et je réussis »

la tromperie : cacher ses échecs, soigner les apparences

4 · Tragico-romantique

tu es cultivé, sensible, original

« Je suis sensible et différent »

la jalousie et l’envie

5 · Observateur

tu es intelligent, sage, réceptif

« Je sais et je comprends »

l’avidité, le désir de prendre, intellectuel comme matériel

6 · Loyaliste

tu es obéissant, loyal, fidèle

« Je suis loyal et je fais mon devoir »

la mauvaise conscience, qui devient peur et angoisse

7 · Épicurien

tu es toujours gentil, gai, optimiste

« Je suis heureux »

la gourmandise, l’intempérance, la recherche de plaisirs

8 · Chef

tu es fort, droit, juste, et supérieur de préférence

« Je suis fort et juste »

l’excès en tout

9 · Médiateur

tu es calme, tranquille, en harmonie

« Je suis calme et facile à vivre », « Je suis satisfait »

la paresse : l’illusion d’être satisfait et de pouvoir se reposer

Un principe n’est pas mauvais en soi

L’auteur insiste sur un point essentiel : le principe n’est pas mauvais. Etre sensible, travailleur, loyal ou joyeux sont de belles qualités. Le problème naît quand ce qu’on a reçu ne correspond pas à ce que l’on est vraiment : on se force, et la qualité devient une obligation. Par exemple, le type 9 retient qu’il doit être calme : ce n’est pas toujours le calme de l’enfant qui a été recherché, mais parfois la tranquillité de son entourage.


Les neuf types, un par un

Pour chacun : le message reçu, la fierté, le problème-clé décrit dans le livre, puis un repère dans la vie de tous les jours et une piste pour revenir à l’essence.


Type 1 — Le perfectionniste

Le message reçu : « Tu es bien si tu es honnête, travailleur, soigné, ordonné. »

Sa fierté : « Je suis droit et travailleur », « J’ai raison ». Il lui arrive d’avoir raison comme tout le monde, et aussi d’avoir tort.

Son problème-clé : la colère, quand on ne lui donne pas raison. Selon le livre, travailler sur ce point a des répercussions sur tous ses autres problèmes.

Au quotidien : exigence envers soi et envers les autres, difficulté à laisser passer une erreur.

Vers l’essence : s’autoriser « assez bien », et garder la justesse sans la crispation.


Type 2 — L’altruiste

Le message reçu : « Tu es bien si tu es aimable, toujours prêt à aider, prêt à te sacrifier même. »

Sa fierté : « J’aime et j’aide ».

Son problème-clé : l’orgueil blessé. Quand son aide n’est pas demandée, refusée ou non reconnue, il peut perdre le sens de ce qu’il fait.

Au quotidien : il dit oui trop vite et s’oublie lui-même.

Vers l’essence : donner librement, sans attendre de reconnaissance, et savoir aussi recevoir.


Type 3 — Le battant

Le message reçu : il faut être actif, compétent et réussir dans la vie. Rater, c’est mal. Cet idéal est souvent inculqué à l’école.

Sa fierté : « Je suis efficace et je réussis ».

Son problème-clé : la tromperie. Tous les moyens sont bons pour réussir, et il cache ses échecs, comme l’élève qui transforme son 8 en 18.

Au quotidien : soin de l’image, rythme rapide, peu de place pour le doute.

Vers l’essence : montrer qui il est vraiment, et comprendre qu’un échec ne retire rien à sa valeur.


Type 4 — Le tragico-romantique

Le message reçu : « Tu es bien si tu es cultivé, sensible, original. » On le trouve souvent chez des enfants d’artistes.

Sa fierté : « Je suis sensible et différent ». Le principe n’est pas mauvais, précise le livre, mais il le devient s’il s’adresse à quelqu’un qui ne le porte pas en lui.

Son problème-clé : la jalousie et l’envie, car il y aura toujours quelqu’un de plus différent, de plus original.

Au quotidien : il se compare et ressent tout très profondément.

Vers l’essence : vivre sa sensibilité vraie, sans avoir besoin de se distinguer.



Type 5 — L’observateur

Le message reçu : être « bien », c’est être intelligent, sage, réceptif.

Sa fierté : « Je sais et je comprends ». Il faut qu’il comprenne tout et tout le temps. Quand il ne comprend pas, il ne se sent pas à la hauteur.

Son problème-clé : l’avidité et l’avarice, le désir de prendre, aussi bien sur le plan intellectuel que matériel. Le livre rappelle que « comprendre » signifie « prendre avec ».

Au quotidien : il collecte l’information et garde ses distances.

Vers l’essence : partager son savoir, et avancer sans tout maîtriser.


Type 6 — Le loyaliste

Le message reçu : il faut être fidèle, obéissant, loyal. L’obéissance passe avant l’honnêteté, la gentillesse ou la culture.

Sa fierté : « Je suis loyal et je fais mon devoir ».

Son problème-clé : quand il ne le fait pas, la mauvaise conscience naît, puis devient peur et angoisse, l’angoisse de ne pas le faire ou de ne pas en avoir l’envie.

Au quotidien : doute, prudence, besoin de savoir sur qui compter.

Vers l’essence : faire confiance à son propre jugement et retrouver son courage.


Type 7 — L’épicurien

Le message reçu : « Tu es bien si tu es toujours gentil, gai, optimiste. » Certains enfants sont rejetés dès qu’ils pleurnichent ou ont des problèmes.

Sa fierté : « Je suis heureux », et en même temps il se sent obligé de l’être toujours.

Son problème-clé : la gourmandise et l’intempérance. Ne pouvant pas être constamment heureux, il cherche le bonheur partout et goûte un peu à tous les plaisirs, jusqu’à glisser dans la superficialité.

Au quotidien : projets multiples, humour, difficulté à rester avec l’inconfort.

Vers l’essence : accueillir aussi la tristesse et trouver de la profondeur dans l’instant.


Type 8 — Le chef

Le message reçu : « Tu es bien si tu es fort, droit, juste, et supérieur de préférence. »

Sa fierté : « Je suis fort et juste ».

Son problème-clé : l’excès en tout.

Au quotidien : il prend le contrôle et montre rarement sa fragilité.

Vers l’essence : mettre sa force au service des autres et s’autoriser la douceur.


Type 9 — Le médiateur

Le message reçu : il faut être calme, tranquille, en harmonie. Ce n’est pas toujours le calme de l’enfant qui est recherché, mais la tranquillité de son entourage.

Sa fierté : « Je suis calme et facile à vivre », « Je suis satisfait ».

Son problème-clé : la paresse. Satisfait, il n’a plus rien à faire et peut se reposer sur ses lauriers. Pour le livre, cette satisfaction n’est qu’une illusion.

Au quotidien : il s’efface, remet à plus tard, évite le conflit.

Vers l’essence : s’affirmer, agir à son rythme et être pleinement présent.


Revenir à son essence

Celui qui veut vraiment se connaître doit commencer par reconnaître cette image. C’est en la regardant avec bienveillance qu’il peut entrer en contact avec la partie la plus authentique de lui-même, celle qui n’est pas le fruit d’un conditionnement : son essence.


Et le corps dans tout ça ?

Ces messages ne vivent pas seulement dans la tête. On les retrouve dans le corps : un dos qui se raidit, un souffle court, un ventre serré. C’est pourquoi j’accompagne par la sophrologie avant tout : respirer, relâcher, sentir, pour créer l’espace où l’on peut regarder son image sans la juger.


Une séance pour se calmer et se détendre

Pour vous accompagner, voici une séance guidée : installez-vous confortablement, fermez les yeux si vous le souhaitez, et laissez-vous porter.

Cet exercice de détente ne remplace pas un avis médical.


Pour aller plus loin

  • France De Bois-Centi, ouvrage sur l’ennéagramme Ennéagramme & Energétique.https://ecoleannefrance.com/

  • La sagesse de l’ennéagramme, Don Richard Riso et Russ Hudson (InterEditions).

  • Le guide de l’ennéagramme, Helen Palmer (InterEditions).


Travaillons ensemble

Je propose des interventions à la carte, en entreprise, en individuel, en ligne ou en groupe, par la sophrologie, l’ennéagramme et la systémie.

Contact : chloe.nopre.sophrologie@gmail.com · www.chloe-nopre.com

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@2017 by 

Chloé Nopre, sophrologue à Strasbourg et Dieuze
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